Coupe Dunsmore: triomphe du Rouge et Or face aux Carabins

Le Rouge et Or a gagné la finale du football universitaire québécois pour une troisième année de suite, samedi, la 15e fois de son histoire. Une victoire de 14-1 contre ses éternels rivaux des Carabins de Montréal où le seul touché du match a été controversé.

Le club chouchou de l’Université Laval fait un grand pas de plus vers le 54e match de la Coupe Vanier, qui se tiendra le 24 novembre aussi au PEPS. Après Sherbrooke et Montréal, les gars de Québec doivent effectuer une troisième escale éliminatoire, samedi prochain, en demi-finale canadienne, toujours au stade de l’UL.

La Coupe Uteck les opposera aux X-Men de Saint Francis Xavier, qui ont remporté samedi la finale de l’Atlantique 33-9 contre les Huskies de Saint Mary’s.

Mais revenons au duel tant attendu entre les deux puissances québécoises, présenté devant 10 220 spectateurs, la plus faible assistance en 13 finales de conférence présentées à Québec.

Si le vent et la neige ont fait peur à certains amateurs, les conditions météorologiques ont surtout orienté la rencontre vers la défensive et l’attaque au sol. Deux rayons où le Rouge et Or a eu le dessus.

Ce qui nous amène au touché d’Adam Auclair. Avec un pointage de 3-0 en faveur des locaux, au deuxième quart, le secondeur de couverture a sauté sur une remise échappée par le quart-arrière des Carabins, Dimitri Morand. Après avoir saisi le précieux dans la mêlée, Auclair a détalé sur 77 verges pour inscrire le majeur et procurer l’avance aux siens 10-0.

Nommé joueur par excellence de la rencontre, avec en plus l’une des trois interceptions réussies par son camp, Auclair trimbalait le ballon du match avec lui, après.

«Je suis content, ça va faire un autre petit ballon à mettre dans mes armoires chez nous. Mais ce n’est pas juste moi, ç’a été un super match de la défensive au complet», a expliqué celui qui venait de réussir son premier touché en match officiel dans les rangs universitaires. «Après 77 verges, j’avoue que j’étais un peu brûlé!» a avoué Auclair.

Du côté de Montréal, on affirme que le jeu aurait dû être arrêté parce qu’Auclair avait posé les genoux au sol en récupérant le ballon. Ce que la reprise télévisée tend à confirmer.

«D’habitude, lorsqu’on a les deux genoux au sol, ça veut dire qu’il faut siffler. Je ne sais pas quoi vous dire, je viens juste d’apprendre que ce n’était pas un touché. Je trouvais ça un peu bizarre qu’il a été capable de se relever et de compter un touché. On n’a pas de reprise vidéo, on n’a aucune idée», a commenté le pilote des Carabins, Danny Maciocia, admettant que l’instauration des reprises vidéo durant les matchs universitaires n’était sans doute pas au sommet de la liste des priorités.

«J’ai entendu que ce n’était pas sifflé, donc je suis parti à la course», résume Auclair de son côté. «Je n’ai pas arrêté. Les coachs nous disent toujours que lorsque tu as le ballon dans les mains et que tu n’entends pas siffler, tu cours.»

Son patron, Glen Constantin, soulignait à quel point son numéro 2 avait connu un match du tonnerre. «Adam a prouvé qu’il mérite d’être dans l’équipe d’étoiles», a ajouté Constantin, revenant sur le fait que le joueur défensif par excellence au Canada en 2017 n’avait pas de place au sein de la constellation québécoise en 2018.

Constantin a par ailleurs parlé d’un match où «la défensive nous a tenus tout le long». Avec un touché et deux touchés de sûreté pour 11 des 14 points des vainqueurs, difficile de dire autrement.

Vrai que les Carabins ont eu le dessus 277-264 pour les verges nettes d’attaque. Mais c’est assurément les quatre revirements contre deux qui ont fait la différence, sans oublier l’excellent positionnement de terrain fourni par le botteur de dégagement Dominic Lévesque.

«Donner juste un point à cette équipe-là, c’est pratiquement incroyable», estimait pour sa part l’ailier défensif Mathieu Betts. «On avait dit cette semaine que la meilleure défensive allait gagner cette partie-là. La meilleure défensive, c’est celle du Rouge et Or, ça finit là!» a tranché le brillant numéro 9.

Montréal avait accordé moins de points que Laval jusqu’ici cet automne, mais pas cette fois.

Le Rouge et Or améliore sa fiche parfaite pour la campagne à 10-0. C’est la première fois depuis 2013 que la même équipe gagne les trois affrontements entre Laval et Montréal. Il s’agissait d’une sixième finale québécoise de suite entre les deux clubs ; Laval a gagné quatre fois.

Dans l’histoire, le Rouge et Or a affronté St. F.X. à deux reprises, en saison régulière, l’emportant chaque fois par des marques écrasantes de 64-0 (2015) et 51-8 (2007).

L’autre demi-finale canadienne mettra aux prises les Huskies de la Saskatchewan aux Mustangs de Western, les champions canadiens en titre, à London, en Ontario. Avec Carl Tardif