L'arrière-petit-fils de Winston Churchill célèbre l'Armistice à Verchocq… comme son aïeul cent ans avant

Les habitants de Verchocq sont les premiers Français à apprendre l’armistice, le 11 novembre 1918. Et pour cause : dans la nuit du 10 au 11 novembre 1918, Winston Churchill, qui réside dans le petit village du Pas-de-Calais depuis mai 1917, est informé avant la France de l’Armistice. Elle sera signée le jour même dans la clairière de Rethondes, en forêt de Compiègne, entre la France et l’Allemagne, mettant fin à quatre ans de guerre.

Le ministre de l’armement britannique annonce alors en personne la fin de la guerre au maire et aux habitants du village. Le village du Pas-de-Calais sera alors le premier de France à célébrer une messe d’action de grâce, précédée de l’hymne latin Te Deum, comme il est d’usage en cas de victoire. Les Britanniques s’invitent aussi à la cérémonie et chantent quand à eux “la Madelon”.

Cette année, pour célébrer le centenaire de l’armistice, la village accueille l’arrière-petit-fils de Churchill, Mark Dixon.
 

Aurélie Surget-Roy

Commémoration du jubilé de l’Armistice de la Grande guerre au château de Verchocq en présence de Mark Dixon, l’arrière petit fils de Winston Churchill et SAR Charles Emmanuel de Bourbon Parme…

Winston Churchill, qui a été par la suite Premier ministre au Royaume-Uni, évoque son année et demi passée dans le Pas-de-Calais dans ses mémoires, comme le rapporte le journal, les Echos du Touquet. “À partir du mois de mai 1917, le Commandant en Chef des forces britanniques en France, le Maréchal Douglas Haig, m’avait donné une sorte de quartier général régulier dans la zone des armées. Je disposais de plusieurs pièces et de facilités de cuisine, dans une vieille maison de campagne française, au milieu du village de Verchocq. Je pouvais y parvenir de l’aérodrome d’Hendo en deux heures d’avion, et, en quelques occasions, j’ai travaillé le matin au ministère de l’armement, et l’après-midi, j’ai suivi le cours d’une grande bataille. Je pouvais aller et venir sur le front, comme il me plaisait… et voir tout ce qu’il y avait à voir, sans courir de risques inutiles…”

Dans une des lettres envoyée à sa femme, il explique vivre “très confortablement” au château de Verchocq. “J’ai une charmante chambre pleine de ces vieux meubles sculptés qui te plaisent, et qui me semblent fort beaux et fort anciens. Le domaine est parcouru par des allées d’arbres magnifiques, des hêtres et des pins, d’une hauteur considérable, et qui forment des travées larges comme les nefs d’une cathédrale. L’une d’elles doit avoir près de 800 mètres de long.”