«Quand on a rien à se reprocher, on collabore» – Martin Provencher

Alors qu’un immense dossier de preuve n’a pu être utilisé dans le dossier du meurtre de Cédrika Provencher, son père Martin demande que la justice québécoise trouve de nouvelles façons de procéder.       

Au micro de l’avocat François-David Bernier dans le podcast QUB J’appelle mon avocat, M. Provencher a rappelé le nombre élevé de dénonciations d’agressions survenues dans la dernière année et a réclamé de nouvelles procédures. «On regarde l’UPAC (Unité permanente anticorruption), par exemple. On met plein de choses en place pour ce genre de crime (lié à l’argent). Pour des crimes contre la personne, on ne déploie pas le même genre de machine, a déploré Martin Provencher. Je pense qu’un crime sur une personne est plus grave qu’un crime de banque.»       

Le principal suspect dans l’affaire Cédrika Provencher, Jonathan Bettez, a été acquitté cet automne de possession de pornographie juvénile , au palais de justice de Trois-Rivières. Comme il s’agit d’un dossier connexe, M. Provencher trouve ceci «moins fâchant» que s’il avait été acquitté du meurtre de sa fille.       

L’été dernier, un volumineux dossier de la police a été révélé et nous avons pu comprendre que de nombreuses preuves ne pourraient être utilisées contre M. Bettez dans le dossier de Cédrika. «On ne peut pas en vouloir à la justice, on ne peut pas en vouloir au juge, c’est une question de mandat qui n’a pas été correct, a expliqué M. Provencher. Ça relève du travail des policiers, malgré le fait qu’ils font un excellent travail. Malheureusement il est arrivé ça. Ce n’est pas juste une virgule. On ne fera pas leur procès, mais c’est quand même gros, leur erreur.»        

Selon lui, cette décision déçoit les policiers autant que lui. «La population aussi est fâchée de ça, parce que ce n’est pas des spéculations, ce n’est pas des ouï-dire. Les 800 pages sorties à la cour, ce sont des faits.»       

M. Provencher est conscient que le travail de la police est colossal et coûteux dans cette affaire et il remet en question le système de justice. «On sait qu’au criminel, ça prend une preuve hors de tout doute. C’est normal. Si je vous accuse demain matin du meurtre de ma fille, vous allez tout faire pour être disculpé, a-t-il lancé à l’animateur. Mais la preuve est tellement difficile à faire si on n’a pas de témoin.»        

Il croit qu’un nouveau principe devrait être mis en place pour permettre de résoudre ce genre de cas. «Il faudrait obliger les suspects à collaborer avec la police d’une manière ou d’une autre. Quand on n’a rien à se reprocher, on collabore.»       

Vous pouvez écouter le podcast J’appelle mon avocat dans son intégralité: