Remaniement ministériel lundi à Ottawa, un 2e en six mois pour Justin Trudeau

OTTAWA — Le remaniement ministériel de lundi à Ottawa devrait être très mineur et comprendre de modestes changements pour combler le vide laissé par le député néo-écossais de longue date, Scott Brison, qui a annoncé son départ du Conseil du Trésor cette semaine.

Le premier ministre Justin Trudeau n’aurait cependant pas l’intention de seulement pourvoir le poste. La démission de M. Brison laisse deux espaces vacants au cabinet – celui d’un siège de la Nouvelle-Écosse et celui de président du Conseil du Trésor – donc par effet domino, au moins deux autres ministres devraient être touchés.

Le premier, et probablement le plus facile, à combler est celui d’un représentant de la Nouvelle-Écosse au cabinet. En 2015, les libéraux avaient remporté les 11 sièges de la Nouvelle-Écosse, donc M. Trudeau peut choisir parmi neuf candidats, puisqu’il faut exclure le président de la Chambre des communes, Geoff Regan. Les noms des députés Bernadette Jordan et Sean Fraser ont été évoqués.

Peu importe qui prend la place de M. Brison comme représentant néo-écossais, le ou la nouvelle ministre ne serait pas responsable du Conseil du Trésor.

Malgré ses démarches plus discrètes, le responsable des activités gouvernementales doit avoir un riche parcours pour être nommé à ce poste, donc le premier ministre ne choisira pas une recrue. C’est lui qui tient les cordons de la bourse, qui supervise comment le gouvernement est géré et qui décide comment l’argent sera dépensé. Le président du Conseil du Trésor est aussi responsable de négocier les 27 conventions collectives avec 15 négociateurs distincts.

Ce poste est considéré comme de «très haut niveau». Ainsi, il faudra choisir quelqu’un d’expérimenté, ce qui laissera un autre siège vacant.

Les ministres principaux restent

Le premier ministre Trudeau ne devrait pas bouger ses ministres à des positions névralgiques et qui sont en train de terminer leur mandat, dont le ministre des Finances, Bill Morneau, et la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. M. Trudeau devrait opter plutôt pour un ministre qui a déjà en grande partie terminé son mandat.

L’un des scénarios correspondant à ces critères serait la réaffectation du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, au Conseil du Trésor. M. Goodale est le ministre le plus expérimenté du cabinet Trudeau et a déjà été au cabinet de Jean Chrétien et Paul Martin. Il ne lui reste plus de grand dossier à régler dans son ministère.

Pour minimiser l’effet domino, Bill Blair, l’ancien chef de police de Toronto qui s’était fait confier le nouveau poste de ministre de la Sécurité frontalière et de la Réduction du crime organisé, devrait aller à la Sécurité publique. Le ou la nouvelle venue de la Nouvelle-Écosse serait responsable des fonctions actuelles de M. Blair.

D’autres noms circulent pour le poste de président du Conseil du trésor, dont la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, et la ministre des Services publics, Carla Qualtrough.

Ce sont bien évidemment des rumeurs. Justin Trudeau lui-même a refusé de donner quelconque indice sur les changements qu’il prévoit apporter.

Les événements ministériels ayant lieu lundi donnent toutefois des pistes. En date de vendredi, le ministre de l’Immigration Ahmed Hussen, le ministre de l’Innovation Navdeep Bains, le ministre des Transports Marc Garneau, le ministre du Développement social Jean-Yves Duclos, le ministre des Infrastructures François-Philippe Champagne, le ministre des Anciens combattants Seamus O’Reagan, la ministre du Tourisme Mélanie Joly et la ministre des Sciences et des Sports, Kirsty Duncan, devaient participer à des événements à l’extérieur de la capitale nationale.